My favorite war, de Ilze Burkovska Jacobsen, 20 avril

Auréolé des Prix Contrechamp et Prix du Jury Sens Critique au festival d’Annecy, le film letton My favorite war sortira le 20 avril en salles. Enfant, la réalisatrice Ilze Burkovska Jacobsen, rêvait de devenir journaliste et elle rédigeait de courts articles publiés dans le journal des pionniers de son école. Embrigadée dès le plus jeune âge, elle louait les vertus du communisme et honorait la mémoire des héros soviétiques morts pour la grandeur de l’USSR. Libérée du devoir de propagande, Ilze, devenue adulte, signe donc un documentaire d’animation où les archives (télévisuelles, filmiques) et les coupures de presse abondent.

C’est ce mélange de supports, on pourrait même aller jusqu’à évoquer des textures différentes, qui fait le charme de ce film. Entre collages et récits hybrides, My favorite war est une chronique familiale attachante racontée par une petite fille devenue grande, la réalisatrice s’exprime ainsi en voix off.

Confrontée à un dilemme cornélien ( rester une tomate rouge dedans et dehors – c’est à dire une communiste pur jus – ou oser être un radis, rouge de l’extérieur et blanc de l’intérieur, à savoir, devenir une personne qui fait semblant d’être communiste), Ilze a développé plusieurs identités. A la fois influencée par son père adoré – un communiste proche du parti mais également au service de ses concitoyens – et par son grand-père – un dissident envoyé au goulag en Sibérie – la réalisatrice a dû se construire sa propre personnalité en apprenant à naviguer entre les écueils de l’Histoire.

De la seconde guerre mondiale à l’indépendance de la Lettonie, My favorite war donne à voir plusieurs décennies d’un quotidien sous le régime soviétique. La queue dans les magasins soumis au rationnement, les séances d’entraînement de tir à destination des enfants pionniers, puis l’effondrement du bloc communiste avec les funérailles en grande pompe des leaders de l’époque, tout cela est joliment mis en image par Laima Puntule et Svein Nyhus. L’humour, qui perce toujours derrière le drame, et la poésie surréaliste de nombreux collages, font de cette réflexion sur la survie en milieu hostile un réjouissant parcours du combattant. A découvrir à partir de 10 ans (avec les explications de papa-maman sur la Guerre froide) !

20 avril 2022 en salle / 1h22min / Animation, Documentaire
De Ilze Burkovska Jacobsen

 

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