Dream Horse, de De Euros Lyn, le 4 août en salles

Dream Horse raconte l’histoire vraie de villageois gallois qui décidèrent de mettre leurs économies en commun pour élever et entretenir un cheval de course. Le réalisateur Euros Lyn qui a remporté plusieurs prix (notamment un BAFTA) pour ses réalisations à la télévision (Doctor Who) est originaire du pays de Galles, tout comme les protagonistes de ce film touchés de plein fouet par les phénomènes conjugués de désindustrialisation et de désertification rurale. Il y a 20 ans, Jan Vokes (interprétée par l’actrice australienne Toni Collette), cherchait à retrouver sens à sa vie. Trimant jour et nuit, comme caissière de supermarché et barmaid, elle regrettait l’époque plus heureuse où son mari, pas encore au chômage, s’occupait d’animaux de la ferme. Dans le film, le couple accueille encore dans son modeste jardin des canards, une chèvre et quelques oies, suscitant la désapprobation de leurs voisins qui ont définitivement tourné le dos au mode de vie campagnard. Dream Horse rend à merveille la désespérance des habitants de ces gros bourgs qui ne se sont jamais métamorphosés en villes et qui cumulent les inconvénients des deux univers : citadin et villageois. C’est l’amour des bêtes, de la Nature qui pousse Jan à se lancer dans l’élevage de l’étalon. Pour oublier les néons des rayonnages et la routine sans âme de son labeur quotidien, elle se replonge dans ses souvenirs d’adolescence, elle remporta plusieurs concours d’élevage de lévriers et de pigeons.

Avec l’aide d’un comptable (Damian Lewis) qui travaille pour de gros clients mais poursuit lui aussi un rêve d’enfance, elle réussit à convaincre des habitants de Cefn Fforest (ancien village minier) de s’associer au sein d’un syndicat pour financer la carrière de Dream Alliance, magnifique cheval de course. Cet animal, c’est le bébé de tous. Comme dans tout feel good movie communautariste, le film raconte la revanche des petits Gallois face aux Lords habitués aux salons cosy des champs de courses. Élevé dans un enclos de fortune, financé par de petites vieilles et des hommes désœuvrés portés sur la bouteille, Dream Alliance va devenir la champion des courses. Résumé ainsi, on pourrait s’attendre à un film caricatural à l’intrigue cousue de fil blanc.

Mais c’est sans compter le sentiment de camaraderie et la bonne énergie  – le fameux HWYL gallois – qui transparaissent de chacun des plans. Dream Horse n’est pas un film exceptionnel. Mais, il se regarde avec beaucoup de plaisir. Toni Collette – qu’on avait appréciée dans Muriel et Little Miss Sunshine – et Damian Lewis jouent à merveille – ouf, les scénaristes nous ont épargnés la romance extra-conjugale qui aurait pu tout gâcher – ils sont en plus merveilleusement épaulés par des seconds rôles tout aussi réjouissants. Au final, Dream Horse rappelle d’autres films – The Full Monty en tête- en provenance du Royaume Uni faisant la part belle aux anti-héros qui retrouvent joie de vivre et dignité en montant un projet collectif. Un pop-corn movie idéal pour les vacances.

4 août 2021 en salle / 1h42min / Biopic, Drame, Comédie
De Euros Lyn
Par Neil McKay, Janet Vokes
Avec Toni Collette, Damian Lewis, Owen Teale…

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