La vie de château, Clémence Madeleine-Perdrillat, Nathaniel H’limi, bientôt…

Bardé de prix nationaux et internationaux (Prix du Jury au Festival International du Film d’Annecy, Tricks for Kids Award – Stuttgart International Festival of Animated Film, Best Tv Award Professional and Children Jury – Chicago International Children’s Film Festival…), La vie de Château, précédé des non moins excellents Parapluies et Pompier, devait sortir en salles fin février. Ce n’est que partie remise et vous pouvez d’ores et déjà découvrir le roman illustré du même nom paru à l’École des Loisirs en janvier 2021. Pour les parisiens, Nathaniel H’limi, co-réalisateur avec Clémence-Madeleine Perdrillat, sera d’ailleurs en dédicaces à la librairie La Petite Ourcq ce samedi de 11h à 12h30.

La vie de château est l’histoire d’un deuil, celui de la petite Violette, qui vient de perdre ses deux parents dans les attentats du 13 novembre 2015. Si Violette traverse régulièrement la place de la république endeuillée où fleurissent de nombreux petits autels commémoratifs, l’aspect traumatique des meurtres perpétrés au Bataclan et dans différents quartiers de l’Ile de France (n’oublions pas l’attaque du Stade de France !) est absent de ce moyen métrage qui met en scène un processus de reconstruction et d’ouverture à l’autre en dépit du drame. L’autre, c’est Régis, l’oncle de Violette, en froid, depuis des décennies, avec les grands-parents de la petite fille. Il est chef des agents d’entretien du château de Versailles. Alors quand l’assistante sociale informe Violette que sa mère avait spécifié que Régis, cet homme bourru et mal fagoté, devait devenir son tuteur en cas d’accident, la gamine se rebiffe. Elle ne veut pas quitter son appartement parisien, elle n’a pas encore découvert à quel point Versailles peut se révéler un parfait terrain de jeu.

Le film joue du contraste entre Violette, petite et menue, et Régis, ce colosse au cœur d’argile. Car sous ses manières un peu rustres, Régis fond littéralement de tendresse pour Violette, la seule chose qui lui reste de sa sœur adorée. Le film révèle peu à peu les fêlures de cet homme méprisé par ses propres parents qui autrefois aspirait, à juste titre, à une belle carrière à l’opéra. La vie de château est un film d’artistes, dans tous les sens du terme. Violette avec son imagination débordante et sa passion pour l’Égypte réussit à surmonter le choc initial pour s’inventer un autre monde peuplé de yeux oudjat, un peu inquiétants mais tout de même protecteurs. Régis est resté un esthète, il aime travailler à Versailles car il aime le beau des jardins, de l’édifice principal, du mobilier des somptueuses pièces, des œuvres accrochées au murs mais il est aussi devenu un ingénieux artisan qui sait restaurer, analyser les risques et réparer… à la fois les objets et le cœur de la petite Violette.

Si le film n’évacue pas les épineuses questions liées à l’enfance en danger ou à l’action sociale (qui parfois peine à déterminer le meilleur intérêt des enfants qui lui sont confiés), les autres personnages, et notamment Geneviève, l’assistante sociale, ou Monsieur Ange, le conservateur du musée à l’apparence sévère, participent d’une série de gags qui égayent le sujet initial. Au final, La vie de château est une leçon d’optimisme et de générosité. Le film de Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’limi s’accompagne de Pompier et de Parapluies (José Prats, Alvaro Robles), ce dernier étant un magnifique préambule à La vie de château puisqu’il est là aussi question de filiation et de complicité familiale avec cette petite fille qui passe son temps à jouer, toujours à l’abri sous la barbe-parapluie de son père. Un jour, il lui faudra sortir de cette zone de confort pour ne plus avoir peur. Quant à Pompier (Yulia Aronova), il décrit le cheminement d’un pompier si anxieux qu’il éteint tout ce qui se consume (une cigarette, un barbecue…) jusqu’à ce que lui aussi se mettre à brûler pour sa charmante voisine. Trois films qui font tout aussi grandir que les écoles restées, elles, ouvertes !

 

Prochainement / 0h45min / Animation, Famille
De Clémence Madeleine-Perdrillat, Nathaniel H’limi
Avec Ema Lucas-Viguier, Frédéric Pierrot, Anne Alvaro
Nationalité : français

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