All Creatures Great & Small, PBS et Channel 5(UK)

A l’automne 2020, Channel 5 – chaîne britannique – a enrichi sa grille d’une nouvelle série TV: All Creatures Great & Small qui est en fait la deuxième adaptation télévisuelle d’une collection de romans à succès du chirurgien vétérinaire James Alfred Wight plus connu sous son nom de plume James Herriot. De 1978 à 1990, les spectateurs britanniques ou les amateurs de la BBC en transit outre-manche avaient déjà pu apprécier le passage à l’écran de ces aventures champêtres au cœur des magnifiques terres agraires du Yorkshire. Cette nouvelle adaptation, tout aussi réussie que la précédente, demeure fidèle au texte et à l’esprit des origines et comblera tous les amateurs de grands espaces et de bons sentiments.

Attention, All Creatures Great & Small n’est en rien un divertissement mièvre, une sorte de pendant anglais à la Petite Maison dans la Prairie étasunienne. Certes, les personnages, réservés et pudiques, demeurent typiquement britanniques dans l’expression de leurs sentiments. La scène où Siegfried demande à Mrs Hall, la gouvernante, de lui passer le sucre pour mettre fin à ce qui ressemblait à un épanchement sur la tristesse causée par les déboires professionnels de son petit frère est à ce titre élogieuse. Mais, les personnages, qui sont inspirés de personnes réelles telles que Donald Sinclair, vétérinaire qui servit dans l’armée de l’air, ne sont en aucun cas bâtis d’un seul bloc monolithique et manichéen.

L’action se situe en 1937. Siegfried est un vétérinaire qui sous ses dehors autoritaires et bourrus cache un cœur d’or. Il vit avec sa gouvernante Mrs Hall qui le connaît et le supporte mieux que personne. S’il n’est pas insensible aux charmes des beautés des villages de la région, il a dédié sa vie aux animaux qu’il soigne sans relâche. Les fermiers de la région accaparant toute son énergie et son temps libre, il accepte d’accorder un essai au jeune assistant, James Herriot, que Mrs Hall a réussi à lui imposer.

Autant James est poli et désireux de plaire, autant Siegried qui a déjà prouvé sa valeur et assis sa réputation auprès des éleveurs locaux, ne mâche pas ses mots et laisse exprimer librement sa colère lorsqu’il l’estime nécessaire. Le comique de situation repose essentiellement sur la rencontre entre ces deux caractères antagonistes mais complémentaires et aussi sur l’inexpérience, toute relative, du jeune Herriot qu’on s’amuse à laisser s’embourber dans le fumier plus d’une fois.

Ce duo devient un trio avec l’arrivée lors du deux épisode de Tristan, le jeune frère de Siegfried, un beau-parleur qui préfère le pub aux études de vétérinaire. La rivalité entre Tristan et James Herriot pour qui Siegfried représente une figure paternelle laisse peu à peu place à une franche camaraderie ce qui ajoute au charme de la série. Tourné dans la réserve naturelle de Nidderdale, dans le pittoresque village de Grassington (pour les scènes de pub, de marché ou d’intérieur) près d’Harrogate, au sud des Yorkshire Dales, cette série bénéficie d’une sublime photographie.

La série est réalisée par Brian Percival (Downton Abbey), les paysages sont magnifiques, les personnages attachants, les acteurs, notamment Samuel West – le fils du grand Timothy West – dans le rôle de Siegfried géniaux, que demander de plus pour ce reboot particulièrement réussi et bienvenu en ces temps de pandémie ?

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