Sacrées Sorcières, de Robert Zemeckis, sortie programmée pour le 23 décembre

Sacrées Sorcières de Robert Zemeckis est la plus récente adaptation cinématographique du roman The Witches de l’écrivain britannique Roald Dahl, après le film éponyme réalisé par Nicolas Roeg en 1990. Bien entendu, l’opus le plus récent souffre de la comparaison avec son aîné. Le style Roeg qui avait réalisé des films devenus culte pour une frange de cinéphiles amateurs d’étrange et de marges, comme The Man Who Fell to Earth, avec pour acteur principal David Bowie, ou Ne vous retournez pas, thriller controversé avec Donald Sutherland et Julie Christie, est différent de celui, plus policé, conventionnel, taillé pour plaire au plus grand nombre du réalisateur nord-américain.

Mais Zemeckis n’est pas non plus un petit artisan : il connaît son ouvrage. Et le voir s’attaquer à l’un des récits de fiction pour enfants le moins politiquement correct de la littérature mondiale est réjouissant. Car Roald Dahl, contrairement à ses successeurs qui ne cessent de reproduire des situations du réel contemporain si ennuyeuses (mes parents divorcent, j’ai une petite sœur etc etc), se plaçait dans la grande tradition des Grimm, avec des contes qui font peur, qui révèlent le sens caché du réel névrotique adulte, et toute son horreur hypocrite. Cette nouvelle adaptation est assez fidèle au texte initial. Soit un petit garçon qui perd ses parents dans un tragique accident de voiture. Recueilli par sa grand-mère fantasque et aimante, il reprend peu à peu goût à la vie. Jusqu’au jour où il croise le chemin d’une femme peu avenante qui porte en toutes circonstances des gants et un chapeau.

La santé de sa grand-mère se détériore subitement mais celle-ci fait le rapprochement entre les deux événements : une sorcière qui cache ses doigts crochus sous des gants et porte des couvre-chefs pour dissimuler une calvitie et un crâne recouvert de plaies. Zemeckis, connu pour son habileté à la maîtrise des effets spéciaux, s’en donne à cœur joie. Il enlaidit Anne Hathaway dont le rôle a été sévèrement critiqué (il discriminerait les personnes souffrant d’ectrodactylie !) Mais si, comme moi, on trouve le politiquement correct ridicule, on saluera la métamorphose. La scène où ses narines s’agrandissent pour pister l’enfant caché sous l’estrade rappelle les meilleures séquences cartoonesques de Qui veut la peau de Roger Rabbit ? réalisé par Zemeckis en 1988.

Les autres personnages sont dans la même veine, dans des attitudes et postures outrancières qui font mieux ressortir le vide abyssal de leurs existences peuplées d’obsessions mortifères. Stanley Tucci est un maître d’hôtel intransigeant et tatillon, incapable de détecter la malice parmi la convention de sorcières qu’il accueille dans son établissement. Les parents du jeune Bruno sont des snobs condescendants qui maintiennent la façade du couple modèle alors que tout n’est que froideur et désamour chez eux.

L’intrigue suit son cours, sans aucun temps mort, les scènes fantastiques sont très réussies et si Zemeckis a transposé l’action dans le sud des États-Unis, il reste fidèle à l’esprit du livre.

23 décembre 2020 / 1h45min / Fantastique, Comédie, Famille
De Robert Zemeckis
Avec Anne Hathaway, Octavia Spencer, Stanley Tucci…
Nationalité : américain

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