Jacob et les chiens qui parlent, de Edmunds Jansons, en DVD

Sortie DVD jeunesse de l’automne, Jacob et les chiens qui parlent du réalisateur letton Edmunds Jansons, est distribué par Les Films du Préau auxquels on doit aussi L’Odyssée de Choum. Un petit garçon, Jacob, doit emménager chez son oncle Ange et sa cousine Mimi car son père doit s’absenter le temps d’un voyage d’affaires. Il quitte donc son quotidien bien balisé et son appartement cossu pour vivre dans un quartier populaire très pittoresque abritant une meute de chiens qui parlent et une foule de personnages hauts en couleurs. Maskachka existe réellement et se situe à la périphérie de Riga. Peu industrialisé, cet ancien ghetto juif a gardé une allure de village avec ses maisons basses et ses jolies placettes. Il est peuplé de personnes âgées et d’artistes, à l’image des mimes Marceau qu’on aperçoit à plusieurs reprises dans le film, qui vivent en marge de la société de consommation. Alors quand un promoteur immobilier décide de faire abattre des arbres plus que centenaires pour construire à la place un gratte-ciel, c’est l’émoi, surtout parmi les enfants.

Joli conte sur les dangers de la gentrification, Jacob et les chiens qui parlent a été conçu à partir de plusieurs techniques d’animation : 2D, 3D et papier découpé. L’équipe technique a eu recours à la 3D pour animer les éléments de décor en mouvement (tramways, voitures etc) mais les personnages sont dessinés et leurs mouvements sont ceux de marionnettes planes. Bien que le trait soit simple, le quartier de Maskachka et l’appartement de Mimi et Ange regorgent d’une foule de détails amusants, comme cette photo de l’oncle tatoué qui se prend pour un pirate mais finit vigile sur le chantier du magnat de l’immobilier. Les couleurs sont chaudes et le ton, résolument optimiste. Bien que la guerre déclarée par les enfants à Victor Cash prenne l’allure de combat de David contre Goliath, les jeunes héros ont pour eux l’âge des possibles et l’inventivité de la jeunesse.

Jacob et les chiens qui parlent est un récit initiatique. En empruntant le tunnel qui mène à ce drôle de quartier, Jacob passe dans un autre monde, plus coloré, moins restrictif qui l’aide à assumer, sans culpabilité, son imagination débordante : l’enfant est persuadé que tout ce qu’il dessine se réalise. Si le réalisateur aurait pu exploiter davantage ces prémisses fantastiques en ne se limitant pas à faire apparaître le gratte-ciel, son récit est suffisamment rythmé et original pour entraîner petits et grands dans la folle ronde de Maskachka. Un film qui donne du peps à toute la famille !

9 octobre 2019 / 1h10min / Animation, Famille
De Edmunds Jansons
Nationalités : letton, polonais

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