Ailleurs, Gints Zilbalodis, 23 septembre, Prix Contrechamps à ANNECY (2019)

Un jeune aviateur se réveille suspendu par son parachute à un arbre. Devant lui se dresse une immense ombre inquiétante qui n’aura de cesse de le poursuivre à travers des paysages magiques. Le premier long-métrage d’animation du réalisateur letton Gints Zilbalodis surprend par sa capacité à créer des univers envoûtants qui ne ressemblent à rien d’autre vu au cinéma. Certes, les tonalités vertes et bleutées rappellent les paysages scandinaves tout comme ce lac miroir où se reflètent une myriade d’oiseaux. Et la bande de chats noirs qui semblent être les gardiens d’un mystérieux puits niché dans les tréfonds de la forêt n’est pas sans évoquer des créatures croisées chez Miyazaki.

Mais, Gints Zilbalodis a trouvé une manière tout à lui de raconter une histoire : un découpage en chapitres (simple mais redoutablement efficace), une bande-son qui sait se faire oublier de nombreuses fois puis accompagne à merveille les changements d’atmosphère, et surtout, le choix d’un personnage principal mutique dont la fuite en avant, sur sa moto vrombissante, constitue le seul moteur de l’intrigue. Qui est-il ? Où se rend-il ? Si l’urgence de la situation est rendue manifeste par l’apparition constante de l’ombre qui absorbe toute créature ou trace de vie sur son passage (à l’instar de la menace du film L’histoire sans fin), finalement peu importent la destination ou la réponse aux questions précédentes. Seul le voyage compte.

Le dessin en 3D du réalisateur qui était aussi en charge de l’animation (et de tous les autres postes clefs : musique, montage) privilégie les formes simples et l’unité de tons pour créer des décors ensorcelants où les paysages, croqués de manière réaliste mais épurés, révèlent pourtant une foule de personnages et de détails naturels énigmatiques.

Dans ce monde d’où l’humain semble absent ou zombifié (comme ces étranges corps peuplant la carlingue d’un avion), c’est à travers l’écoute de la nature, de ces petits animaux croisés en chemin, que le chemin vers la survie, se trace. Si le film est plutôt destiné à un public adulte, les enfants – à partir de 8 ans – apprécieront cette cavale motorisée émaillée de jolies rencontres poétiques.

23 septembre 2020 / 1h14 / Animation, Aventure
De Gints Zilbalodis
Nationalité : letton

 

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