Scooby! de Tony Cervone

Scooby Doo est mort, vive Scooby Doo ! Sorti en VOD sur les plateformes québécoises I-Tunes et Youtube (et bientôt en France), Scooby se présente comme le prequel de la célèbre série animée des années 1970 produite par Hanna Barbera. Le film débute sur un moment supposé fondateur : le premier contact entre Scooby,  un grand danois errant et le petit Sammy, lunaire, gaffeur. La rencontre de ces deux solitudes donne naissance à une amitié indestructible. Flash forward : quelques images plus loin, toute la bande de la série TV est réunie, et l’on retrouve les autres apprentis détectives de Mystère et cie, l’intello Velma, l’empathique Daphné et le musclé Fred.

Si le début du film montre les personnages cultes affronter un vrai criminel déguisé en fantôme dans un faux manoir hanté, la marque de fabrique de Scooby Doo, le réalisateur a tenté de moderniser la franchise en convoquant paradoxalement d’autres figures du passé. Le film devient alors une galerie de « célébrités » estampillées Hanna Barbera, avec les personnages de Capitaine Caverne de la série TV éponyme diffusée pour la première fois en 1977, Diabolo et son acolyte Satanas, de la même époque, et les supers-héros Blue Falcon et le chien robotique Dynomutt.

Nostalgiques de Scooby-Doo, passez votre chemin. A la poubelle, les gags burlesques et l’ambiance keatonesque, ils sont ici remplacés par une avalanche de courses-poursuites frénétiques, une succession de combats entre supers-héros et supers-vilains équipés de gadgets high-tech… des scènes d’action rondement menées mais sans âme.

Par ailleurs, le recours incessant à des nappes musicales assistées par ordinateur, avec des chanteurs-ses peut-être à la mode, mais d’une nullité et vulgarité sans pareille, achève de classer le film dans la rubrique production pour masses incultes. Par ailleurs, les séquences « émotion » sont d’une lourdeur rarement inégalée dans un film animé, et l’excentricité des personnages de départ évacuée au profit d’un discours moralisateur limite néo-libéral sur les vertus de l’amitié -ou comment être quelqu’un – à l’ère facebook.

Scooby! pêche souvent par son absence d’originalité, l’armée de petites créatures aux ordres de Satanas rappellent les mignons de Moi, moche et méchant et le politiquement-correct modifie les personnalités originales des personnages de départ, Velma devenant une geek latino (elle lâche dans la version originale un « increible » sorti de nulle part), histoire de caser un personnage représentant ces deux communautés à l’écran.

Les seules séquences réussies sont celles où l’on retrouve les méchants ou les héros bizarres de l’époque dans des situations similaires à celles des années 1970, Capitaine Caverne qui court sa massue à la main (mais sans ses Drôles de Dames) et le chien Diabolo, qui tente d’arnaquer Satanas…

Scooby Doo a été ré-adapté de nombreuses fois à la télévision et au cinéma, comme en 2002 et en 2004 avec Sarah Michelle Gellar, et à chaque fois, critiques et spectateurs ont regretté la série TV originale. Peut-être faudrait-il s’arrêter là.

Prochainement / Comédie, Animation, Famille
De Tony Cervone
Avec Kiersey Clemons, Zac Efron, Will Forte, Mark Wahlberg…
Nationalité : américain

 

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