Nous les chiens, de Sung-yoon Oh, Lee Choonbaek, 29 avril

Projeté au festival d’Annecy, Nous les chiens, film d’animation coréen sortira en salles le 29 avril. Réalisé par Sung-yoon Oh et Lee Choonbaek, Nous les chiens n’est pas un succédané de Comme des bêtes. Certes, on y découvre des chiens parlants, attachés à leurs petites habitudes (jouer à la balle, s’endormir auprès de doudous), mais le film adopte une approche inverse à l’anthropomorphisme habituel. Et si, pour être heureux, ces chiens devaient redevenir sauvages, ou tout au moins, redécouvrir leurs instincts (de meute, de chasse) étouffés par trop de confort ?

Les héros de ce long-métrage d’animation sont répartis dans deux groupes. Dans un entrepôt désaffecté, près de la ville et de son marché, des compagnons fidèles devenus trop volumineux, vieux ou malades. Domestiqués, ils dépendent encore de la charité des humains… Dans la forêt, en montagne, loin de toute civilisation, une petite meute composée d’un seul mâle, de deux femelles et d’un jeune chiot. Le titre original du film (underdogs qui signifie maillons faibles) illustre la confrontation improbable entre ces deux conceptions de l’existence. Lorsque le nouvel abandonné, le beau Moong-Chi s’aventure dans les hauteurs et rencontre la fière meute, les chiens redevenus sauvages le méprisent et le prient de se tenir loin d’eux.

Pourtant c’est au travers de Moong-Chi, chien à la fois candide et capable de toutes les adaptations, que le reste des canidés de la ville se fait finalement accepter par la meute qui prône le retour à la vie sauvage. Chassés les uns et les autres de leurs différents refuges, les chiens allient leurs forces pour semer un employé de la fourrière qui les poursuit afin de les annihiler. Le personnage du méchant, un archétype d’homme répugnant et cruel, est assez caricatural, il aurait peut-être mérité d’être un peu plus nuancé… mais qu’importe, les héros à 4 pattes sont lancés sur les routes de Corée et ce road-movie aux paysages magnifiques inspirés de la peinture coréenne tient le spectateur en haleine jusqu’à une fin à la fois surprenante (en pleine zone démilitarisée) et poétique.

Le film, qui adopte un ton réaliste, est à réserver aux plus de 6 ans. En effet, sans verser dans la violence gratuite, les réalisateurs ont choisi de parsemer l’odyssée des chiens de différentes épreuves et la mort n’est hélas pas toujours absente… Néanmoins, ce film plaira au plus grand nombre grâce à la qualité de l’animation (à la fois en 2D et 3D), les dialogues pleins d’humour, les personnalités toutes différentes et attachantes des chiens, la musique de l’orchestre tchèque et le message universel transmis par les réalisateurs : « Nous trouvions intéressante l’idée de faire un film sur des animaux en apparence plus faibles que les humains, mais qui finissent par trouver, à long terme, ce qui fait leur force : l’union, la solidarité. Nous voulions montrer que la vie n’est pas un don, mais plutôt un objectif que nous devons atteindre par nous-mêmes. Vivre notre vie telle que nous l’avons rêvée permet d’en éprouver la quintessence. »

29 avril 2020 / 1h 42min / Animation
De Sung-yoon Oh, Lee Choonbaek
Nationalité sud-coréen

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