Jacques-André Boiffard : expo au Centre Pompidou

Photographe et surréaliste relativement méconnu, Jacques-André Boiffard est à l’honneur au centre Georges Pompidou qui présente la première rétrospective consacrée à ses travaux. Pourquoi parler de Boiffard dans un blog cinéma ?

Autoportrait dans un photomaton, 1929

Autoportrait dans un photomaton, 1929

Jacques-André Boiffard est un drôle d’oiseau. Sa curiosité intellectuelle et artistique le pousse à côtoyer les surréalistes. A l’écrit, il préfère l’image. Co-auteur avec Paul Éluard et Roger Vitrac de la préface du premier numéro de la revue La Révolution surréaliste, il troque très vite son stylo pour un appareil photo et collabore régulièrement avec Man Ray. Pour gagner sa vie, il vend aussi ses photographies à des maisons d’édition comme illustrations de couvertures de polars.

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1930

Avant de prendre définitivement ses distances avec les surréalistes, il signera les photographies qui illustreront Nadja d’André Breton, publié en 1928. A partir des années 1930, il travaille pour Georges Bataille et explore les possibilités d’absolu-réalisme offertes par la photographie. Libertaire, Boiffard se méfie des chapelles; lorsque Breton signifie expressément leur exclusion à plusieurs ex-amis du mouvement surréaliste via le second manifeste, paru en 1930, Boiffard n’hésite pas à ridiculiser le « pape » en publiant un cliché de Breton coiffé d’une couronne d’épines.

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En 1931, avec la fin de la revue de Bataille, Boiffard prend un virage à 180° et entame des études pour devenir médecin. Il soutiendra une thèse en radiologie et renouera avec la création photographique à travers la pratique médicale.

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Pourquoi aller voir cette exposition ? Les clichés présentés à l’occasion de cette rétrospective composent ou reflètent des univers oniriques, inquiétants et grotesques qui ne sont pas sans rappeler les travaux photographiques de David Lynch qui avaient fait l’objet d’une très belle exposition à la Maison Européenne de la Photographie en 2014.

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Avant de se plonger dans l’œuvre protéiforme de Jacques André Boiffard, pourquoi ne pas découvrir ou revoir les deux films qu’il a co-réalisés avec Man Ray :

  • L’étoile de mer en 1928


Man Ray, L’étoile de mer (1928) –

  • Les Mystères du Château du Dé en 1929

Infos pratiques :

5 novembre 2014 – 2 février 2015

de 11h00 à 21h00

Galerie de photographies – Centre Pompidou, Paris

accès libre

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