Le dernier souffle d’un Yakuza, Baku Kinoshita, 27 mai
Avec Le dernier souffle d’un Yakuza, le jeune réalisateur Baku Kinoshita (à qui l’on doit l’excellente série Odd Taxi) signe un film de gangsters désarmant. Le narrateur est Akutsu, un vieillard aux portes de la mort, enfermé dans sa cellule. Il purge une peine de prison à perpétuité avec, pour seule compagnie, une plante qui parle (doublée par Pierre Taki du groupe Denki Groove), une balsamine (housenka en japonais). Alors que les images du passé défilent sous ces yeux, et que la plante, non sans ironie, lui rappelle quelle vie pourrie il a eu, le condamné à mort s’attend à un dernier retournement de situation.
Les fleurs housenka ne sont évidemment pas dotées du don de parole, mais elles possèdent une caractéristique intrigante. Quand on presse les graines de balsamine, elles explosent à la manière d’une série de détonations d’armes à feu, ou plus poétiquement, telles un feu d’artifice. C’est d’ailleurs cette dernière image qui ouvre et clôt le film. Le détenu qui fut un homme de main discret, peu causant et assez terne, réussit un magnifique dernier tour de passe-passe, planifié depuis longtemps, qui clôt le bec à ses détracteurs, son boss, un mafieux pourri jusqu’à l’os, et aussi la plante housenka (Jiminy Cricket sardonique, pas si sympathique que ça).
En dessinant la carte du tendre d’Akutsu qui s’est mis en ménage avec Nana, une mère célibataire, Baku Kinoshita imagine un code de l’honneur aussi romantique qu’un parterre de fleurs. Le dernier souffle d’un Yakuza est une ode à l’amour, aux sacrifices qu’on peut endurer pour ceux qu’on aime. La narration va à l’essentiel mais ménage de beaux moments d’émotion (les séquences où la famille reproduit la rythmique du classique Stand by Me) et de poésie à travers le portrait d’un couple, en apparence mal assorti, mais terriblement complice. En mélangeant plusieurs temporalités, le réalisateur offre une réflexion sur les conséquences des actes, tout en offrant une porte de sortie honorable à son héros, sous la forme d’un ultime pied de nez au destin. Housenka ou la rédemption d’un yakuza.
27 mai 2026 en salle | 1h30min | Animation
De Baku Kinoshita
|Par Konomoto Kazuya, Baku Kinoshita
Avec Kaoru Kobayashi, Hikari Mitsushima, Yoshiko Miyazaki
Titre original : Housenka





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