L’Odyssée de Céleste, Kid Koala, 25 mars
L’odyssée de Céleste, film d’animation découvert en plein hiver lors d’une projection presse, m’avait laissé un charmant souvenir malgré le froid qui régnait au Club de L’Étoile. Cette histoire d’aspirante spationaute, élevée par un robot, est légère et douce comme une bulle de savon. Kid Koala, le réalisateur canadien venu de la musique (il est DJ), signe un premier film empreint de mélancolie et parsemé de gags burlesques.
A la fois récit initiatique et succession d’aventures dans l’espace, L’Odyssée de Céleste adopte un schéma narratif dual. Le spectateur suit ainsi l’évolution de deux personnages. Céleste, enfin diplômée, est confrontée à sa première mission interplanétaire. Resté sur terre, le robot qui a élevé Céleste depuis la mort de sa mère, elle-même astronaute, fait face, comme il peut, à l’absence de sa protégée, essayant de se trouver des occupations.
Le manque est au cœur de ce film, profond mais jamais triste. Orpheline, Céleste aimerait terminer la mission qui a coûté la vie à sa mère. Quant au robot, il se raccroche aux enregistrements des moments heureux avec Céleste pour ne pas bugger. Kid Koala livre une réflexion passionnante sur notre capacité à puiser de la force dans nos souvenirs, tout en soulignant la nécessité de tracer sa propre route malgré les séparations et les deuils. La tonalité générale grisâtre des images est égayée par des tâches de couleur pastel : l’univers automatisé dans lequel a grandi Céleste reste pétri d’humanité.
Impossible de ne pas faire de rapprochement avec d’autres figures robotiques protectrices, découvertes ces derniers temps au cinéma. On songe au robot d’Arco (Cristal du Long Métrage au Festival du Film d’Animation d’Annecy) d’Hugo Bienvenu, mais aussi au robot amoureux de Mon ami robot de Pablo Berger. Ces films d’animation, chacun dans leur style, reprennent et approfondissent les questionnements sur la robotique et l’intelligence artificielle de Philip K. Dick. A mille lieues de son univers sombre, ils esquissent la possibilité d’une cohabitation heureuse et joyeuse.
25 mars 2026 en salle | 1h26min | Animation
De Kid Koala
|Par Mylène Chollet
Titre original : Space Cadet






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