Les contes du pommier, de Patrik Pass Jr., Jean-Claude Rozec, David Sukup, 8 avril
Les contes du pommier, sélectionné dans la catégorie Contrechamp du festival du film d’animation d’Annecy, démarre dans la joie et la bonne humeur. Une fratrie de trois enfants débarque à la campagne chez leurs grands-parents. C’est l’été, le temps de l’insouciance, des jeux, des cabanes en bois et des contes lors des veillées au coin du feu. Flash forward : le jardin de grand-père est encombré de feuilles mortes et grand-mère n’est plus. C’est l’automne et les enfants doivent composer avec leur douleur. Il y a l’aîné, Derek, qui s’enferme dans un mutisme quasi violent. Quant au plus petit des trois, Tom, il ne comprend pas que mémé soit morte et il ne cesse de demander quand elle reviendra. C’est Suzanne, la petite fille, comme souvent dans ces cas-là, qui se charge de reconstruire du lien en évoquant la mémoire de la disparue. Grand-Père, lui, se cloître mystérieusement dans son établi chaque soir jusqu’au petit matin…
Les Contes du Pommier, tourné en stop motion, est un film gigogne. Le récit principal qui fait le lien entre les trois contes met en scène Suzanne, ses deux frères et leur grand-père. La petite fille s’improvise conteuse à la manière de sa grand-mère, et demande à chacun de ses frères un ingrédient (ou élément narratif) qu’elle glisse dans le chapeau de la disparue, afin de tisser son histoire.Tel un cadavre exquis, le conte ainsi créé associe plusieurs imaginaires et sensibilités.
Souvent absurdes, toujours poétiques et magiques, les contes ont en commun d’évoquer la mort. Dans le premier, construit à partir d’un parapluie, d’un petit chat et de policiers, un frère et une sœur sont réveillés en pleine nuit par deux agents des forces de l’ordre qui leur apprennent que leurs parents, partis au théâtre la veille, ont été victimes d’un accident. Dans les deuxièmes et troisièmes contes, il est question de personnes âgées, considérées comme acariâtre voire franchement hostiles, alors qu’elles sont seulement victimes de solitude suite à un veuvage. Ces trois contes sont peuplés de créatures et d’animaux surnaturels, qui viennent en aide aux personnages, jeunes et vieux, alors que tout semblait perdu.
Si la réalité de la mort et ses conséquences sont abordées sans ambages, Les Contes du Pommier est un film optimiste, porteur d’espoir. C’est l’adaptation réussie d’un livre pour enfants intitulé Of Unwanted things and people (À propos de choses et de gens inutiles) de l’écrivain tchèque Arnošt Goldflam, qui est devenu papa sur le tard et avait peur de ne pas voir ses enfants grandir. Fidèle au livre, cette adaptation cinématographique montre aux enfants comment à travers le souvenir et la fidélité aux enseignements transmis par les êtres aimés, ces derniers continuent de vivre en nous et dans le monde. Un très beau film, à découvrir en famille, qui sort à point nommé pour les congés de Printemps.
8 avril 2026 en salle | 1h 10min | Animation, Comédie, Drame, Fantastique
De Patrik Pass Jr., Jean-Claude Rozec, David Sukup
Titre original : Pohádky po babičce





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