Encontro, François Manceaux, 11 mars – Avant-première, 9 mars, Espace Saint-Michel à Paris
Sur le papier, le premier long métrage de fiction de François Manceaux, réalisateur de documentaires belge, avait tout pour plaire. De magnifiques décors naturels, à Lisbonne et au Cap Vert, une romance à travers les âges, et une réflexion sur le lien qui unit réalisateur et actrices. Ouvertement autobiographique, Encontro narre la crise de la cinquantaine d’Alain, un réalisateur qui vend sa maison familiale en Belgique, à Gand, au grand dam de ses deux enfants, pour s’installer au Portugal à la recherche d’une ancienne relation amoureuse, perdue de vue depuis plusieurs années.
François Manceaux sait indéniablement filmer des paysages et composer des plans de toute beauté. Les déambulations de son alter ego dans les rues ou sur les terrasses lisboètes ne manquent pas de charme. Mais le mérite d’un film ne saurait se limiter à son aspect carte postale. Or, dès les premières minutes, avec la scène d’adieu entre Alain et sa fille, pluie diluvienne et coup de tonnerre à l’appui, beaucoup d’interactions sonnent faux. La faute à des seconds rôles peu professionnels ou crédibles, à l’exception de l’actrice portugaise Dalila Carmo qui interprète une journaliste. Le deuxième problème est l’ambiance sonore, ou plutôt cette orchestration symphonique, qui surligne chacune des émotions des protagonistes, comme s’il fallait émouvoir à tout prix. Résultat : le spectateur se sent finalement peu concerné par la quête amoureuse et existentielle d’Alain.
Là où le réalisateur parvient à happer notre attention, c’est lorsqu’il joue sur la ressemblance entre les deux amoureuses d’Alain, Luisa, la disparue, et Maria, la nouvelle rencontre. On songe à Vertigo d’Hitchcock avec cette obsession de l’homme pour une femme qui semble lui échapper tout en se dédoublant à l’infini. Johan Heldenbergh, acteur flamand tout en retenue est touchant en cinéaste déboussolé qui tente de se raccrocher à des visions du passé, fugaces, tout en hallucinant son futur. Mais là encore, le film, au lieu de privilégier l’onirisme et d’entretenir le mystère, se hâte de fournir une explication rationnelle, en ancrant davantage la narration dans le mode opératoire de l’enquête policière.
Malgré ces réserves, Encontro est un film qui pourra séduire certains spectateurs à la recherche d’une proposition cinématographique originale. Le voyage est plaisant, et en raison des nombreux clins d’oeil cinématographiques (L’avventura à la cinémathèque, Orfeu negro au Cap Vert) qui le balisent, il plaira peut-être aux cinéphiles. Encontro est aussi une déclaration d’amour au 7e art.
11 mars 2026 en salle | 1h 56min | Drame
De Francois Manceaux
Avec Isabel Otéro, Johan Heldenbergh, Paula Pais, Dalila Carmo




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