Allah n’est pas obligé, Zaven Najjar, 4 mars

Allah n’est pas obligé est l’adaptation cinématographique du roman (prix Renaudot en 2000) du même nom écrit par l’auteur ivoirien Ahmadou Kourouma. Ce passage sur grand écran, et en format animé, lisse quelque peu la violence du récit initial : l’épopée de Birahima, orphelin guinéen qui se retrouve enrôlé de force dans une armée d’enfants-soldats. A travers un voyage de la Guinée au Liberia, en passant par le Sierra Leone et la Côte d’Ivoire, Birahima apprend à se battre, fusil d’assaut en main, mais aussi à aimer et à célébrer la vie.

Copyright Bac Films

Le film adopte une trame chronologique qui était aussi celle du roman. Les premières séquences montrent l’insouciance et la joie de l’enfance auprès d’une mère malade mais aimante dans une communauté rurale. Mais assez vite, Birahima est arraché à ce paradis champêtre : sa mère décède et devenu orphelin, il doit quitter son village natal pour retrouver une tante au Liberia. Les conditions de son départ restent floues : pourquoi ne reste-t-il pas vivre auprès de sa grand-mère ? Le film s’attache à montrer la pauvreté des villageois mais aussi, en parallèle, le désir de Birahima de s’élever socialement. Plus que la mort de sa mère, c’est l’appât du gain, que lui fait miroiter un marabout beau-parleur, qui le décide à tenter l’aventure de cette traversée de plusieurs milliers de kilomètres.

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Allah n’est pas obligé est visuellement très beau : c’est une symphonie de couleurs en hommage aux paysages et saveurs africaines. Hélas, si plusieurs séquences se déroulent dans des marchés animés ou des jungles luxuriantes, l’essentiel du quotidien de Birahima se passe dans des baraquements insalubres peuplant des centaines d’enfants soldats violentés en permanence. Forcé de tuer pour ne pas être abattu à son tour, Birahima se déshumanise progressivement. Au contact d’enfants soldats plus aguerris que lui, il doit se montrer impitoyable s’il veut survivre. Le réalisateur n’occulte aucune des horreurs subies : tabassage, ingestion de drogues pour tenir, harcèlement psychologique, chantages, viols, confiscation des biens et des jouets… Armé de ses dictionnaires, Birahima qui raconte son histoire sous la forme d’un long flashback tente de transmettre l’indicible.

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Comme le roman dont il est tiré, le long-métrage d’animation Allah n’est pas obligé est un puissant plaidoyer contre la guerre et l’emploi d’enfants comme soldats. En filigrane, il suggère aussi la responsabilité de l’Occident dans l’accaparement des richesses minières africaines et l’arrivée au pouvoir de dictateurs militaires corrompus. A réserver à un public d’adolescents, à partir de 12 ans minimum.

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4 mars 2026 en salle | 1h17min | Animation, Drame
De Zaven Najjar
|Par Zaven Najjar, Karine Winczura
Avec SK07, Thomas Ngijol, Marc Zinga

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