Planètes, Momoko Seto, 11 mars
Planètes réalisé par Momoko Seto était en clôture de la Semaine de la Critique à Cannes en mai dernier. Depuis, ce film sans dialogues a fait son chemin en festival. Cette semaine, il était projeté en avant-première au FIFAM (Festival international du film d’Amiens) dans la section Douce Apocalypse. Une catégorie toute trouvée pour un film qui allie grâce et légèreté avec des images cataclysmiques.
Mais ce qui intéresse la réalisatrice, c’est davantage les mécanismes de reproduction que de destruction. L’épopée tour à tour émouvante, tragi-comique et onirique de quatre akènes de pissenlit rescapés d’une succession d’explosions nucléaires qui ont détruit la Terre est prétexte à montrer différents milieux de vie qui correspondent à autant de planètes. Lorsque Dendelion, Baraban, Léonto et Taraxa se retrouvent dans un environnement caractérisé par le gel et les glaces, comment ne pas songer à Jupiter ou d’autres planètes de méthane.
De la banquise aux déserts, en passant par des sols volcaniques, des tourbes et des marécages, Planètes mêle prises de vue réelles et images en synthèse. Cet ovni filmique insère des extraits de documentaire animalier pour plonger le spectateur dans la magie du vivant. Celles-ci sont parfois plus spectaculaires et étranges que les séquences censées se dérouler sur une planète inconnue. Ainsi, on découvrira l’existence de la Lithobates sylvaticus ou grenouille des bois (bien réelle, terrestre) qui est capable d’entrer en hibernation complète. Seule grenouille présente dans le cercle arctique, son cœur, ses poumons et son cerveau gèlent complètement. Une manière de montrer que l’ingéniosité de la Nature (et sa capacité à survivre dans des conditions extrêmes) dépasse souvent notre imagination.
Tout au long de leur périple, les quatre akènes de pissenlit font des rencontres. Certains animaux comme les limaces sont des alliés et d’autres (la mante religieuse par exemple) des antagonistes. Ses solidarités inter-espèces rythment le film en assurant une forme de liaison entre les milieux naturels visités. Les différentes épreuves auxquelles sont confrontés les akènes contribuent à générer un véritable suspense : on se demande qui de Dendelion, Baraban, Léonto et Taraxa survivra ?
La réalisatrice qui est par ailleurs employée au CNRS a eu l’intelligence de personnifier les 4 héros avec notamment un akène particulièrement maladroit et à la fin, carrément suicidaire. Ses petites graines se serrent les coudes, se protègent mutuellement, s’embrassent quand elles se retrouvent après avoir été séparées par les éléments déchaînés : une leçon pour nous autres humains trop occupés à nous quereller pour souvent des questions d’ego.
Planètes : un petit bijou distribué par Gebeka Films. Prix Paul Grimault au Festival du Film d’Animation d’Annecy en 2025.
11 mars 2026 en salle | 1h15min | Animation, Science Fiction
De Momoko Seto
|Par Momoko Seto, Alain Layrac






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