Lady Nazca, Damien Dorsaz, 10 décembre, 12 et 14-11 au Arras Film Festival

Au milieu du désert, une silhouette gracile qui balaie le sable. Perdue dans l’immensité des hauts plateaux péruviens, celle qu’on surnomme la folle du désert est heureuse. Le réalisateur Damien Dorsaz signe un biopic sensible et intuitif sur Maria Reiche, archéologue allemande. Avant de consacrer sa vie à l’étude et à la protection des géoglyphes de Nazca, Maria Reiche est enseignante. Passionnée de mathématiques et d’astronomie, elle a fui le nazisme pour s’installer en Amérique Latine, au grand dam de sa mère qui aurait aimé la voir mener une vie plus conventionnelle.

Copyright Octopolis – 27 Films – Daniela Talavera

La première partie du film, qui campe le décor et les personnages de manière assez classique, nous montre une protagoniste hésitante, souvent effacée. Bohême, elle fréquente le salon tenu par Amy Meredith qui est également sa compagne. Au milieu des intellectuels, expatriés et grands industriels qui se pressent à ces soirées, Maria reste volontairement discrète, en attente de quelque chose qui changera sa vie.

Copyright Octopolis – 27 Films – Daniela Talavera

Lady Nazca narre la découverte de ces figures géométriques classées par l’UNESCO au Patrimoine Mondial de l’Humanité. C’est aussi un film sur des fils de vie qui se lient et se délient. A mesure que croît son intérêt pour l’archéologie, la relation qui l’unissait à Amy se distend. Pour rendre palpable la fascination de Maria Reiche pour ces tracés représentant singe, araignée ou colibri, le réalisateur a fait appel à une jeune actrice magnétique, Devrim Lingnau qui incarne avec grâce ce mélange de douceur et de détermination.

Copyright Octopolis – 27 Films – Daniela Talavera

Projeté au Arras Film Festival, avant sa sortie nationale le 10 décembre, Lady Nazca est le portrait énigmatique d’une femme incomprise de son vivant. Hommage poignant du réalisateur qui avait eu la chance de rencontrer Maria Reiche avant son décès, Lady Nazca interpelle. La beauté de la photographie sert d’écrin à un brin de femme qui n’a pas hésité à tenir tête aux puissants de son époque. L’une des séquences clé se déroule au Sénat, avec Devrim Lingnau filmée de dos, face à plusieurs rangées d’hommes dubitatifs. Sa vérité – quasi mystique – était aussi celle des Peuples Autochtones, désireux de protéger et transmettre la culture de leurs ancêtres, en accord avec l’idéal d’ordre et de beauté des lois du cosmos et de la nature.

Pour en savoir plus sur les géoglyphes de Nazca et Maria Reiche : mon article sur www.laroutedenausica.fr

10 décembre 2025 en salle | 1h39min | Aventure, Biopic, Drame, Historique
De Damien Dorsaz
| Par Damien Dorsaz, Fadette Drouard
Avec Devrim Lingnau, Guillaume Gallienne, Olivia Ross

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.