Vampire humaniste cherche suicidaire consentant, de Ariane Louis-Seize, 20 mars 2024

Deux solitudes se rencontrent à Montréal. Il y a de l’amour dans l’air. Sasha est une jeune vampire qui n’a pas encore tué. La séquence d’ouverture du film nous la montre, enfant, passer du rire aux larmes lorsque le clown venu égayer sa fête d’anniversaire est saigné à mort par ses parents, sa tata et sa cousine. Les minutes inaugurales de ce film décalé, qui a obtenu le prix de la mise en scène à la dernière Mostra de Venise dans la section section Giornate degli Autori, donnent le ton.

Dans ce premier long-métrage à la fois original et drôle, le mythe du vampire est gentiment écorné. Qu’arrive-t-il aux vampires humanistes, qui comme Sasha refusent leur condition de monstre sanguinaire ? Eh bien, on leur coupe les vivres : la famille, ou plutôt la meute, se désolidarise d’eux et refuse de partager le butin de chasse. Heureusement pour Sasha, elle peut compter sur son père qui jusqu’à son adolescence l’approvisionne en poches de sang. Flash forward, Sasha a quitté le lycée ou s’apprête à le faire. Les deux couettes ont fait place à une frange et de longs cheveux. Habillée de noir des pieds à la tête, Sasha traîne son spleen dans les rues de Montréal où elle interprète de sombres balades avec le synthétiseur offert à cet anniversaire fatidique. A bien des égards, l’héroine campée avec style et grâce par l’actrice québécoise Sara Montpetit rappelle Emily the Strange ou d’autres illustres prédécesseuses telle que l’icône gothique Wednesday Addams.

Pince sans rire, plutôt asociale mais aussi empathique, elle trouve son pendant en la personne de Paul, un lycéen intelligent victime de bullying (harcèlement). Au delà du titre explicite, ces deux là sont faits pour s’entendre. La danse macabre traditionnellement associée à la séduction vampiresque (voir Entretien avec un vampire ou le Dracula de Francis Ford Coppola) fait ici place à une chouette comédie romantique où aucun des deux n’ose avouer qu’il est tombé amoureux de l’autre.

Ce premier film d’Ariane Louis-Seize, réalisatrice et scénariste québécoise, renouvelle avec brio et entrain les codes du genre vampirique. A la fois enlevé et mélancolique, ce film est une petite merveille et à la fin, on a envie de se lever et de tous danser dans la salle au son de « Soy un dracula yéyé » du chanteur espagnol Andrés Pajares.

20 mars 2024 en salle | 1h30min | Comédie, Epouvante-horreur
De Ariane Louis-Seize
Avec Sara Montpetit, Félix-Antoine Bénard, Steve Laplante…

 

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