Pourquoi est-ce un chef d’oeuvre ? 50 longs-métrages d’animation

A l’occasion de la sortie en salles du dernier film des studios Ghibli, Le Conte de la princesse Kaguya, adapté d’un conte populaire japonais du Xe siècle, Cinescribe.fr vous invite à découvrir l’ouvrage de Gersende Bollut, Pourquoi est-ce un chef d’œuvre ? 50 longs-métrages d’animation expliqués, publié aux Éditions Eyrolles.

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Le conte de la princesse Kaguya, Isao Takahata, en salles depuis le 25 juin 2014

Le petit ouvrage -il tient presque dans une poche de jeans-, propose une sélection de 50 films d’animation qualifiés de « chefs-d’œuvre », classés chronologiquement en cinq chapitres : des origines aux années 1950, les années 1960-1970, les années 1980, les années 1990 et les années 2000. Gersende Bollut est l’auteur -avec Vincent-Paul Toccoli- d’un essai sur le réalisateur Hayao Miyazaki (le réalisateur de Princesse Mononoké en autres) paru aux éditions Amalthée; il connaît donc bien les studios japonais. Dans Pourquoi est-ce un chef d’œuvre?, on retrouve, au milieu des Disney, Pixar, Dreamworks, de la dynamique production française (Le roi et l’oiseau de Paul Grimaud, La Planète sauvage de René Laloux, la série des Kirikou de Michel Ocelot) ou des films tchèques moins connus (Alice de Jan Svankmajer, Sinbad de Karel Zeman), plusieurs longs-métrages qui ont marqué le développement de l’animation japonaise.

La Planète sauvage  de René Laloux, 1973

La Planète sauvage
de René Laloux, 1973

Avant les années 1960, semble-t-il, rien de notable à l’horizon du côté du Japon. Le premier chapitre s’ouvre sur Les aventures du Prince Ahmed, de l’allemande Lotte Reiniger, considéré par les historiens comme le premier long-métrage d’animation de l’histoire du cinéma, et caractérisé, d’un point de vue technique, par le recours à la silhouette découpée, qui reviendra sur nos écrans dans les années 1990 via les films de Michel Ocelot.

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Les aventures du Prince Ahmed, Lotte Reiniger, 1926.

La production internationale est marquée par la suprématie Disney qui accumule les succès avec Blanche Neige et les 7 nains, Pinocchio ou Fantasia, et l’adaptation de contes pour enfants ou de grands classique de la littérature au cinéma comme Le Roman de Renard, film français de 1930, ou Les Voyages de Gulliver de Max et Dave Fleischer (1939)

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Les Voyages de Gulliver de Max et Dave Fleischer (1939)

Les choses évoluent un peu dans les années 1970 avec le premier film de Miyazaki, Le Château de Cagliostro, sorti en 1979. Le personnage principal du film, Lupin, est un cambrioleur inspiré d’Arsène Lupin, créé par Maurice Leblanc. Avant d’apparaître dans Le Château de Cagliostro, il a conquis le cœur des téléspectateurs japonais à travers plusieurs adaptations en série TV du manga original signé Monkey Punch. Autant dire que Miyazaki, pour son premier film, s’avance sur un terrain bien balisé, la franchise des Lupins s’étant révélée très juteuse. Mais, selon Gersende, Le Château de Cagliostro annonce déjà les futurs chefs-d’œuvre du maître. Le film contient ainsi plusieurs motifs qui deviendront récurrents dont la peinture idyllique de la Nature.

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Le Château de Cagliostro, Miyazaki, 1979.

 

En 1988, la comédie fait place à l’émotion avec Le tombeau des Lucioles, premier film d‘Isao Takahata pour les studios Ghibli. L’histoire de deux enfants orphelins qui tentent de survivre dans un Japon ravagé par les bombardements de 1945 d’après une nouvelle semi-autobiographique d’Akiyuki Nosaka… Selon Gersende Bollut, « l’expérience la plus viscérale et éprouvante, de celles qui marquent durablement et mettent à mal les idées préconçues sur la japanimation (…) un vibrant pamphlet où l’injustice le dispute à l’indignation. » (page 101)

Le Tombeau des lucioles, Isao Takahata, 1988.

Le Tombeau des lucioles, Isao Takahata, 1988.

1995 est marqué par le métaphysique Ghost in the Shell de Mamoru Oshii. Réflexion vertigineuse sur la conscience, « une œuvre de référence de la tendance cyberpunk » (page 115), dans la lignée d’un Philip K. Dick avec Do Androids Dream of Electric Sheep?

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Ghost in the shell, Mamoru Oshii, 1995

Emblématiques de la foisonnante production des années 2000, Tokyo Godfathers (2003), Mind Game (2004) et Summer Wars (2009) peuvent être considérés, pour différentes raisons, comme des OVNI. Tokyo Godfathers (du regretté Satoshi Kon, disparu à 46 ans) est une plongée délirante dans le quotidien de SDF tokyoïtes affublé d’un bébé, une sorte de Trois Hommes et un Couffin à 300h à l’heure. Mind Game (Masaaki Yuas, 2004) offre au spectateur un véritable trip hallucinatoire dans le ventre d’une baleine, le mythe de Jonas sous acides ! Quant à Summer Wars de Mamoru Hosada, difficile de résumer ce film vertigineux mettant en scène un lycéen chargé de la maintenance d’un site communautaire qui doit soudainement faire face à un virus très dangereux.

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Mind Game (Masaaki Yuas, 2004)

 

Pourquoi est-ce un chef d’œuvre ? – 50 longs-métrages d’animation expliqués

Auteur : Gersende Bollut
Editeur : Eyrolles
Collection : Beaux livres

Nombre de pages : 192 pages
Date de parution : 10/04/2014

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