The dead don’t die, Jim Jarmusch, 14 mai

Sous ses dehors de film à moitié abouti, The dead don’t die est peut-être l’une des œuvres les plus personnelles de Jim Jarmusch. Le réalisateur s’est toujours entouré d’une équipe de fidèles acteurs (Tom Waits, Bill Murray, Tilda Swinton…) qu’on retrouve ici au générique avec de nouveaux venus, Selena Gomez ou Austin Butler (la coqueluche des ados nord-américains depuis sa prestation dans la série d’heroic-fantasy Les chroniques de Shannara) dans un film de zombies qui respecte les codes du genre tout en les parodiant.

Le fan de Jarmusch avance ici en terrain familier, une cool attitude qui se traduit par un rythme lent, au gré des patrouilles à deux à l’heure de l’équipe de police de Centralville, des dialogues minimalistes ironiques, des anti-héros symboles d’une sagesse à toute épreuve (le flegme d’Adam Driver est l’un des principaux ressorts comiques du film), et aussi un réseau d’auto-références à ses précédents films.

La croque-mort écossaise bouddhiste manie le sabre comme le Samouraï de Ghost Dog. Tout au long du film, les policiers s’interrogeront sur sa véritable identité; son look blafard et ses maniérismes évoquent les autres créatures surnaturelles mises en scène par Jarmusch : les vampires de Only lovers left alive. Mais, un retournement final, qui arrive dans le récit comme un cheveu sur la soupe, révélera une autre étrange vérité aux spectateurs.

Plus qu’avec ses précédents films, Jim Jarmusch cabotine. Il dézingue à tout va et manie sa caméra comme Bill Murray la chevrotine en tirant sur les hipsters, les accros aux anxiolytiques (un zombie crie Xanax), l’électorat de Trump (campé par Steve Buscemi, toujours excellent, arborant crasseusement une casquette sur laquelle figure ‘Make America white again’), les nerds collectionneurs de comic books et même l’industrie du cinéma en ponctuant les interaction de Murray et de d’Adam Driver de réflexions méta sur le film à l’intérieur du film (‘bah, c’est écrit dans le script’)…

Seul trouve grâce à ses yeux, un personnage d’ermite survivaliste campé par Tom Waits qui délivre, un peu lourdement quand même, la morale finale. On aurait aimé une bagarre ultime qui ait un peu plus de panache mais bon, on est dans un film de Jarmusch, contaminé par une forme de spleen qui fait répéter à Adam Driver que rien ne sert de s’agiter, de toute façon, cela finira mal. Un opus mineur dans la filmographie de Jarmusch mais une petite pochade potache entre copains assez marrante au final…

Date de sortie : 14 mai 2019 (1h 43min)
De Jim Jarmusch
Avec Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton, Danny Glover, Steve Buscemi, Chloë Sevigny, Tom Waits, Iggy Pop…
Genres : Comédie, Epouvante-horreur
Nationalité : américain

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.