Miraï, ma petite sœur, Mamoru Hosoda, 26 décembre 2018

Au Japon, Kun, petit garçon, attend avec impatience l’arrivée de ses parents- et surtout de sa maman qu’il n’a pas vu depuis plusieurs jours- de la maternité. Mais l’émerveillement et la joie de rencontrer sa petite sœur font bientôt place à la jalousie et à la frustration : Kun découvre vite que le petit bébé requiert toute l’attention de sa maman, et quand celle-ci reprendra le travail, de son papa également.

Miraï, ma petite sœur est un conte fantastique -avec un chien qui parle, avec des voyages dans le passé et le futur- sur la difficulté de grandir et surtout de trouver sa place -tant pour l’enfant dans la fratrie que ses parents dans leur généalogie- au sein d’une famille. Mamoru Hosoda signe un joli film familial qui s’adresse autant aux parents qu’aux enfants.

En effet, le réalisateur, qui a puisé dans ses propres souvenirs personnels de papa, met en scène les petits bonheurs mais aussi les doutes des parents qui se demandent s’ils seront à la hauteur face à la fatigue des premiers mois, ou les caprices des deux-trois ans. Les personnages sont riches et complexes : le père de Kun, notamment, avec ses nombreuses mimiques exprime avec beaucoup de drôlerie la difficulté de concilier travail à domicile (il est architecte) et tâches domestiques.

Le film inverse volontiers les rôles traditionnellement assignés aux hommes et femmes dans la sphère familiale : c’est la mère qui travaille à l’extérieur et incarne une figure d’autorité (assez mal acceptée par Kun) et c’est le père qui symbolise la patience et la douceur. Quant à Miraï, la petite sœur du titre, avec sa capacité d’apparaître à Kun à divers âges, elle devient indirectement un guide pour toute la famille, faisant prendre conscience à son petit frère des défis remportés ou des erreurs commises par ses ancêtres.

Avec l’image du chêne magique qui garde en lui la mémoire des différentes générations ayant occupé la demeure de Kun et de Miraï, le film s’interroge avec poésie sur la manière d’inscrire son histoire personnelle dans la filiation de ses ancêtres : en répétant les erreurs du passé (comme la maman de Kun qui adopte le même ton cassant et peu compréhensif de sa propre mère), ou en tentant de cultiver les valeurs positives transmises (le courage et la confiance en soi de l’arrière grand-père ingénieur et vétéran de guerre) ou encore en traçant sa propre voie, à force de tâtonnements ou de malentendus, comme Kun et surtout son propre père, qui en dépit de ses maladresses, parvient finalement à mener de front carrière et vie familiale.

Très ancré dans l’imaginaire japonais avec des vêtements et personnages types (Miraï adolescente porte une marinière, le chien-prince a tout du héros romantique vénéneux incompris), le dernier film de Mamoru Hosoda réserve aussi au spectateur une belle surprise avec une séquence onirique dans une gare qui mêle éléments surréalistes glaçants (le contrôleur horloge, le vendeur automate) à un vertigineux suspense qui résoudra toutes les crises familiales.

Date de sortie : 26 décembre 2018 (1h38min)
De Mamoru Hosoda
Avec Moka Kamishiraishi, Haru Kuroki, Gen Hoshino…
Genres : Animation, Famille
Nationalité : japonais

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