Okko et les fantômes, Kitaro Kosaka, 12 septembre 2018

Okko, une fillette de la ville, perd ses parents dans un accident de voiture dont elle ressort indemne. Obligée d’aller vivre avec sa grand-mère, modeste aubergiste dans un petit village réputé pour ses sources guérisseuses, elle découvre un nouveau mode de vie, entièrement dédié au confort des autres, les clients de passage qui sont eux aussi en quête de repos spirituel et existentiel. Okko est le récit d’un double apprentissage. D’abord celui de l’art de recevoir, de manière traditionnelle, dans un ryokan, auberge transmise de génération en génération. Puis, celui, moins visible, du deuil : ou comment dire au revoir aux êtres aimés pour aller de l’avant et faire de nouvelles rencontres. Réalisé par Kitaro Kosaka, le directeur de l’animation du film Le vent se lève (Hayao Miyazaki), Okko et les fantômes est pétri des valeurs nippones d’abnégation et d’ardeur à la tâche

La question du traumatisme généré par la perte des parents est rapidement évacuée pour ressurgir avec mélo-dramatisme dans la dernière demie-heure du film et certains spectateurs pourront s’étonner de voir cette jeune enfant mener avec succès deux vies en parallèle : écolière le jour, aubergiste à l’aurore et le soir… Pas sûr que cette forme d’esclavage moderne (justifié par la fidélité aux ancêtres) n’apparaisse séduisant (heureusement !) aux yeux des kids européens. Pour autant, cette plongée dans le monde hôtelier traditionnel nippon et cette découverte du système ultra codifié de l’omotenashi (hospitalité japonaise) sont intéressants, on y apprend plein de choses sur la manière de marcher sur les tatamis et nattes qui recouvrent le sol, la préparation des gâteaux de printemps, les chaussons et les kimonos à manches flottantes portés par les hôtesses…

Baigné de spiritualité shintoïste, le récit se déroule dans une ville thermale qui est aussi un sanctuaire pour les esprits. Son accident permet à Okko d’entrer en contact avec Suzuki, esprit farceur mais bénéfique pour les affaires (Okko l’a libéré d’une amulette) et deux fantômes d’enfants : Uribo, un zashiki warashi attaché à l’auberge pour en assurer sa protection (c’était le meilleur ami de la grand-mère lorsqu’elle était petite) et Miyo décédée à 7 ans, avant la naissance de sa soeur Matsuki Akino, la rivale d’Okko.

Suzuki, Uribo et Miyo sont des faire-valoir comiques et l’on regrettera que leurs personnages ne soient pas plus développés. Le récit s’articule en deux parties : dans un premier temps, Okko tente de s’habituer à son environnement rural et au travail d’aubergiste (elle est effrayée par les lézards et les insectes, elle ne sait pas cuisiner) ce qui crée plusieurs situations cocasses puis, elle prend conscience de l’importance de sa « mission », en devenant la rivale, puis finalement l’amie de Matsuki, étrange petite fille prétentieuse, dont les parents sont aussi  propriétaires d’auberge. Adapté d’un livre pour enfants de Hiroko Reijo qui s’est vendu au Japon à plus de 3 millions d’exemplaires pour être ensuite adapté en manga (7 tomes), Okko et les fantômes est un film familial plaisant qui ravira les plus petits. Par contre, pour les plus âgés, sur le même thème, on recommandera Lettre à Momo d’Hiroyuki Okiura, à l’esthétique beaucoup plus soignée et au message plus subtil.

Date de sortie : 12 septembre 2018 (1h 35min)
De Kitaro Kosaka
Avec acteurs inconnus
Genre : Animation
Nationalité : japonais
Distribution française : Eurozoom

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