The long excuse, Nishikawa Miwa, 29 novembre

Sachio, un auteur égotiste qui apprend que sa femme dévouée est décédée dans un accident de bus pendant qu’il la trompait, peut-il s’ouvrir aux sentiments vrais et devenir un homme plein d’empathie et de générosité ? Même si les contes de fée vous rebutent, laissez-vous tenter par la comédie dramatique The long excuse que vous pourrez découvrir en avant-première au festival Kinotayo. Sur un thème difficile, un deuil ruisselant de culpabilité, la réalisatrice japonaise Nishikawa Miwa réussit à filmer une comédie subtile, toujours sur le fil, mais ne sombrant jamais dans le désespoir voyeuriste. Le film est l’adaptation d’un roman éponyme écrit par Nishikawa Miwa et les situations sonnent tellement justes qu’on se demande quelle part de vérité personnelle elles ne recèlent pas.

Après la disparition de son épouse, sa coiffeuse officielle, qui continuait de s’occuper de son look capillaire même si elle ne partageait plus son lit, Sachio rencontre Yoichi (Pistol Takehara), l’époux de Yuki, la meilleure amie de Natsuko, morte dans le même accident de la route. Les deux hommes n’ont rien en commun. Yoichi est un père aimant, un peu rustre, qui s’épuise à la tâche en conduisant son poids lourd tous les soirs.

Au contact de Shinpei et sa petite soeur Akari, Sachio comprend l’impasse existentielle dans laquelle il se trouve. Il a beau être riche et célèbre, il se sent désespéramment seul et vide, ce qui affecte sa propension à écrire un roman digne de ce nom. Sachio se propose donc de garder les deux enfants quand Yoichi est absent. Ce n’est pas complètement désintéressé car armé de son petit calepin et de son ordinateur, Sachio est déterminé à transformer leur deuil commun en matériel littéraire. Mais le vampire intellectuel va peu à peu se faire piéger par cette famille hors normes mais pleine de tendresse.

La réalisatrice multiplie les astuces pour montrer la transformation intérieure de l’auteur. Jeux de lumière exacerbés par les éclairages artificiels des échangeurs ou des réverbères tokyoïtes. Raccords ou alternances de plans qui symbolisent l’abîme social et humain qui sépare les deux hommes : les barres d’immeubles années 1970 du quartier des enfants et l’appartement moderne mais sans âme de Sachio.Enfin, les modifications capillaires du héros principal reflètent sa progression dans son travail de deuil : de l’indifférence, au refus, à la colère en passant par l’acceptation.

Le film, très bien écrit, peut aussi compter sur le jeu talentueux des différents acteurs. Masahiro Motoki fait notamment preuve d’une grande palette d’émotions, son visage réussissant autant à exprimer le cynisme que l’affection désintéressée. La réalisatrice a l’intelligence de construire l’évolution morale de l’auteur à l’image d’un château de sable… Peu à peu, des émotions qui lui étaient devenues étrangères refont surface mais l’ensemble est si fragile que l’on guette à chaque instant le moment ou Sachio craquera. Pistol Takehara est excellent en benêt au grand cœur qui se révèle pas si bête que ça.

Date de sortie : 29 novembre 2017 (2h 04min)
De Nishikawa Miwa
Avec Masahiro Motoki, Pistol Takehara, Eri Fukatsu…
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : japonais

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