Psiconautas, Pedro Rivero, Alberto Vázquez (II), 24 mai

Une bande d’adolescents aux traits animaux tente de quitter une île gangrénée par les déchets industriels. Les personnages fantastiques et inquiétants de la BD d’Alberto Vázquez prennent vie au cinéma pour mettre en garde le spectateur contre les dangers de la surconsommation dans un film d’animation qui ne ressemble à aucun autre. Une réussite absolue.

A qui ou quoi fait référence le titre de cette pépite animée, dérangeante et poétique à la fois ? Qui sont ces navigateurs de l’âme ? Dans un monde où la grande majorité de la population survit au sein d’immenses décharges à ciel ouvert et où les quelques nantis oublient leur spleen en ingurgitant des petites pilules du bonheur, les psychonautes sont quatre adolescents qui explorent les tréfonds de leur conscience et affrontent leurs démons intérieurs.

Pour échapper à cette sordide réalité, ils se mettent en route, à la recherche d’un rafiot pour quitter cette maudite île. Isolement intérieur et géographique, sentiment de solitude et relégation sociale, Psiconautas personnifie tout cela dans un récit post-apocalyptique où l’horreur tient moins au désastre écologique qu’au comportement des adultes, prêts à tout pour massacrer des oiseaux ou empêcher une fleur de pousser.

A la suite des orphelins Dinky et Birdboy, nous pénétrons dans un monde à l’envers où le beau est considéré laid et la méchanceté et l’avidité, sont devenues la norme. Birdboy, le garçon-oiseau, est décrété dangereux révolutionnaire alors qu’il se contente de faire germer des plantes. Si l’univers dépeint par Alberto Vázquez est unique en son genre, certains coups de crayons rappellent Art Spiegelman, meilleure référence que la distinctive manga touch, ces petits visages tout mignons, ses tirelires cochons qui parlent, ici mise au service d’une subversion macabre des codes du conte pour enfants.

Qu’on ne s’y trompe pas, Psiconautas, avec ses accès de violence, jamais gratuite, et son ambiance noire-très noire-, est destiné à un public d’adultes, voire d’ados bien armés pour décoder les multiples références et interprétations d’un film mille-feuille. Visuellement époustouflant, ce voyage au bout de la nuit en vaut la peine.

Date de sortie : 24 mai 2017 (1h 15min)
De Pedro Rivero, Alberto Vázquez (II)
Genre : animation
Nationalité : espagnol

Distributeur : Eurozoom

 

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.