Il était une fois le cinéma, Jean-Michel Frodon, Gallimard

Le 10 octobre est paru aux éditions Gallimard (collection  Jeunesse Giboulées) un ouvrage de Jean-Michel Frodon sous le joli titre Il était une fois le cinéma. L’auteur, enseignant, journaliste et critique -il a notamment collaboré au Monde et dirigé Les Cahiers du Cinéma– bénéficie cet automne d’une belle actualité avec la publication de deux autres livres, Assayas par Assayas (Stock) et L’art du cinéma (Citadelles et Mazenod).

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Il était une fois le cinéma s’adresse plus spécifiquement à un jeune public. Le titre rappelle d’ailleurs la célèbre collection de dessins-animés télévisuels Il était une fois… qui explorait le vivant, le fonctionnement du corps humain ou la découverte des Amériques… En feuilletant le bel ouvrage de Jean-Michel Frodon, superbement illustré, on ressent un premier mouvement d’inquiétude au vu des nombreuses pages de texte (presque 200 hors illustrations) Mais notre crainte est vite dissipée devant les talents de conteur de l’auteur.

 

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Quand un texte est destiné à de jeunes lecteurs, surtout pour évoquer un domaine aussi complexe et passionnant que le cinéma à travers son histoire et sa fabrication, un premier réflexe est d’évoquer la vulgarisation… « C’est destiné aux non-initiés, au grand public », entend-on parfois. Hors, la vulgarisation est un concept galvaudé, voire dévoyé dans certaines bouches. Vulgariser, ce n’est pas rendre son sujet vulgaire, en abaissant la qualité littéraire et intellectuelle du produit fini. Vulgariser est un art…qui n’est pas donné à tout le monde, à moins de le pratiquer régulièrement à travers notamment d’activités pédagogiques.

L’ouvrage de Jean-Michel Frodon est extrêmement riche d’informations. Le lecteur -petit ou grand- est littéralement transporté dans le passé pour mieux saisir les origines du cinématographe, qui n’est finalement que l’aboutissement du rêve humain de figer la réalité, d’en garder une trace indélébile… Dans un premier chapitre très émouvant et riche de réflexions philosophiques, l’auteur nous invite donc à contempler nos ancêtres du monde entier, affairés dans les cavernes ou les ateliers de de la Renaissance à mettre au point des systèmes de représentation (peintures rupestres, camera oscura…)

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illustration extraite d’un manuscrit militaire du 17e siècle, camera oscura.

Les chapitres qui suivent mettent en scène les grands noms du cinéma -muet, en noir et blanc puis parlant- : les frères Lumière, Thomas Edison (qui pique l’idée du kinétographe à Muybridge), Méliès, Charlie Chaplin, David Wark Griffith, Sergueï Eisenstein… Jean-Michel Frodon montre que le langage cinématographique transcende les frontières géographiques et les différences culturelles pour donner naissance à une grammaire commune, sorte d’esperanto que chaque citoyen est en mesure de s’approprier.

 

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Dans un style clair et précis, Frodon réussit le tour de force de transmettre aux plus jeunes sa passion pour le néo-réalisme italien, les vagues de la Nouvelle Vague française, le nouvel Hollywood et plus proche de nous, mais peut-être plus loin dans le rêve, les envolées poétiques numériques du thailandais Apichatpong Weerasethakul sur lesquelles se conclue cet ouvrage indispensable.

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Apichatpong Weerasethakul, Uncle Boonmee Who Can Recall His Past Lives, 2010

ISBN :978-2-07-065755-1
Éditeur : Gallimard jeune
Date Parution : 10/2014
Collection : Hors Série Giboulées
Nombre de pages : 224
Dimensions : 23 x 24 x 1 cm
Poids : 686 g
Langue : français

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